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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 09:50

 

Peinture aborigène pointilliste
Elizabeth MBITJANA, "Prune Sauvage"

 

 

Selon le Rêve de la Prune Sauvage, de Grands Ancêtres sortis du magma originel créèrent, sur le territoire du peuple d'Elizabeth, un point d’eau appelé Arlperre, qui existe encore de nos jours. C’est dans ses alentours que poussèrent les premiers pruniers du désert dont les Aborigènes récoltent toujours les fruits.

Les femmes aborigènes détentrices de ce Rêve de fertilité le célébraient par le biais de cérémonies en enduisant leurs peaux de graisse d’émeu. Leurs corps étaient ensuite peints par leurs pairs qui employaient des pigments naturels dont les couleurs reprenaient celles des prunes en fonction de leur stade de maturité.

 

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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 10:05

La peinture aborigène contemporaine s'est faite connaître dans les années dix-neuf-cent soixante-dix grâce à des peintres aborigènes nés dans le désert central qui ont décidé de peindre sur des surfaces planes des représentations des légendes sacrées (ou "Jukurrpa") de leurs peuples . Dès le départ, ces artistes ont employé un style pointilliste.

Voici un extrait de notre livre "La peinture aborigène" sur le pointillisme ou "dot-painting" :

"La plupart des motifs sont tracés au moyen de lignes de pointillés (dots en anglais) sur un fond plus sombre, lui aussi constitué de pointillés qui laissent voir, par transparence, un à-plat opaque. On trouve l’origine du point aussi bien dans la peinture sur sable, la décoration corporelle, que sur les gravures rupestres poinçonnées. Le pointillisme moderne s’est généralisé dans toutes les communautés artistiques du désert. Peut-être parce que c’est un élément graphique adapté à la toile et à la peinture acrylique. Sans doute aussi parce que le point permet le scintillement, la recréation de la lumière. Pourtant, des peintres aborigènes d'autres régions l'emploient également (comme avec cette oeuvre).
Avec les points, les artistes tracent des lignes ou des contours. Les points ne se mélangent jamais, mais se suivent, serrés.
L’artiste alterne différentes couleurs pour renforcer sa ligne, sans les mélanger. Cette démarche technique et esthétique des maîtres du désert ne s’est jamais appuyée sur des bases théoriques, comme celles sur le contraste et la lumière, qui influencèrent les impressionnistes et les pointillistes, en France, au XIXe siècle. Mais sur le plan esthétique, on arrive au même résultat de vibration, de profondeur et d’énergie.
Le dot painting  a une double fonction : esthétique et rituelle. Le pointillisme permet de saturer l’espace total de la toile, remplissant les creux et les espaces vides, densifiant le décor en créant un fond neigeux, très serré. Ce traitement permet de récréer et d’incarner les paysages, la géologie et la végétation. Les fonds sont de couleurs variées, signifiant et incarnant un type de paysage (dunes, rochers) ou une végétation particulière. La couche sous-jacente, souvent noire, transparaît entre les motifs. Cela crée un effet de volume.
Certains artistes, comme Emily Kame Kngwarreye saturent la toile de vibrations de couleurs serrées et denses, évoquant formellement le pointillisme européen.
D’autres, telle Abie Loy, espacent et allègent les points pour créer un effet évanescent, comme la voie lactée.
Le pointillisme a une autre fonction. Au début du mouvement artistique, les artistes étaient des hommes de savoir, des grands initiés. Lorsqu’ils se rendirent compte que leurs récits sacrés seraient exposés à des non-initiés, certains utilisèrent cette technique pour cacher certaines parties du récit ou, au contraire, par transparence, les révéler de façon dynamique, magique, comme les métaphores chez les poètes symbolistes."

Visionnez notre diaporama sur le sujet

Voir des peintures pointillistes aborigènes sur le site de la galerie Arts d’Australie • Stéphane Jacob, expert en art aborigène.

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 09:29

Peintre majeure du mouvement de l'art aborigène contemporain et de la communauté de Papunya, Ningura Napurrula est l’une des artistes aborigènes choisis pour décorer les plafonds du musée du quai Branly. On peut voir son plafond zébré au 1er étage du bâtiment donnant sur la rue de l’Université.

Comme d’autres Aborigènes regroupés de force à Papunya, l'artiste peintre aborigène Ningura Napurrula a pu par la suite s’installer à 100 km de là, à Kintore (350 habitants), sur son territoire ancestral.

Ningura Napurrula privilégie des motifs simples et clairs, inspirés de la peinture corporelle, qu’elle traite avec une palette limitée, noir, rouge, ocre et blanc. Ici, elle décrit une femme ancestrale accouchant d’un point d’eau mythologique. On sera très sensible à la grande force graphique et vibratoire du travail de Ningura Napurrula.

Vous pouvez voir cette oeuvre avec des détails sur notre site Internet en cliquant ici.

Pour retrouver toutes les peintures de Ningura Napurrula, cliquez ici.

Enfin, vous pourrez retrouver toutes les informations et même télécharger le catalogue monographique que les Editions Arts d'Australie • Stéphane Jacob ont publiés en 2014 sur Ningura Napurrula en cliquant ici.
Une peinture de l'artiste aborigène Ningura Napurrula (c.1938-2013), Papunya
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Présentation

  • : Le blog de la galerie Arts d'Australie • Stéphane Jacob, Paris
  • Le blog de la galerie Arts d'Australie • Stéphane Jacob, Paris
  • : Stéphane Jacob, diplômé de l'Ecole du Louvre, spécialiste de l'art australien contemporain, Expert C.N.E.S. en art aborigène, a créé en 1996 la galerie Arts d'Australie · Stephane Jacob en France à Paris dans le XVIIe arrondissement.Expert en art aborigène.Membre de la Chambre Nationale des Experts Spécialisés en Objets d’Art et de Collection (C.N.E.S.)Membre du Comité Professionnel des Galeries d'ArtSignataire de la Charte d’éthique australienne Indigenous Art Code / www.artsdaustralie.com
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