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8 juillet 2025 2 08 /07 /juillet /2025 09:09
Palissade « Baraba : Scenes of Country » par Konstantina  ©Sydney Metro
Palissade « Baraba : Scenes of Country » par Konstantina ©Sydney Metro

Konstantina est une artiste aborigène originaire de la Nation Eora (Sydney), qui revendique fièrement son appartenance clanique au peuple des Gadigal. Son travail est profondément ancré dans la revitalisation de la culture et de la langue, dont une grande partie a disparu avec la colonisation. Ses recherches académiques sur la langue, les objets culturels et les techniques traditionnelles de ses ancêtres contribuent à faire émerger des savoirs effacés par plus de deux siècles d’histoire coloniale à travers le territoire.

Récemment, Konstantina s’est intéressée à l’importance du Baraba (joncs et roseaux) dans la culture du peuple Gadigal. Autrefois abondantes dans la région de Sydney, ces plantes occupaient une place essentielle dans les traditions locales. Elles étaient utilisées notamment pour le tressage de paniers, la fabrication de filets et de lignes de pêche, ainsi que la confection de bijoux. Aujourd’hui, joncs et roseaux ont presque totalement disparu du paysage.

Konstantina dans les réserves du British Museum à Londres étudiant les objets Gadigal conservés dans leur collection ©Konstantina ©British Museum
Konstantina dans les réserves du British Museum à Londres étudiant les objets Gadigal conservés dans leur collection ©Konstantina ©British Museum

La Ville de Sydney, en collaboration avec  Sydney Metro Trains, a commandé à Konstantina un projet public visant à réintroduire symboliquement le Baraba dans l’espace urbain, à travers une œuvre monumentale : une palissade de 25 mètres de long sur 3 mètres de hauteur, installée le long des voies ferrées à Marrickville, à l’ouest de la ville. L’œuvre représente des silhouettes de roseaux ajourées en aluminium, ponctuées de disques circulaires en laiton qui évoquent des savoir-faire traditionnels aborigènes antérieurs à la colonisation.

L’installation se trouve sur un tronçon ferroviaire traversant ce qui était autrefois le marais de Gumbramorra, une zone humide historiquement riche en roseaux. En ancrant son travail dans ce lieu, Konstantina rend hommage à la faune et à la flore endémiques, ainsi qu’aux cultures ancestrales aborigènes, et plus particulièrement aux savoir-faire des peuples Gadigal et Wangal. Son œuvre restitue symboliquement la puissance du Baraba sur cette terre, en le reconnectant à son environnement d’origine et à l’influence qu’il a exercée sur les cultures autochtones de la Nation Eora.

Palissade « Baraba : Scenes of Country » par Konstantina  ©Sydney Metro
Palissade « Baraba : Scenes of Country » par Konstantina ©Sydney Metro

Ce projet, comme beaucoup d’œuvres de Konstantina, propose à la fois une réflexion sur la perte et une célébration de la survivance. En revitalisant la langue, la culture matérielle et les connaissances ancestrales, elle invite les spectateurs à prendre part à une conversation évolutive sur la terre, la mémoire et la présence durable de la culture Gadigal.

Sa démarche s’inscrit dans la durée, notamment à travers sa récente collaboration avec le British Museum, dans le cadre du projet d’exposition « Gadigal Yilbara Wala » (« Gadigal, aujourd’hui et hier »), prévu pour 2027. Cette mission l’a menée au cœur des archives du musée, où elle a pu examiner et documenter des trésors Gadigal conservés au sein du musée. Cette exploration lui a permis de mieux comprendre comment le Baraba était utilisé par les communautés aborigènes autrefois, pour pouvoir réapprendre les techniques de fabrication de ces objets selon les méthodes traditionnelles et tenter de faire ressurgir une mémoire collective.

Détail des médaillons de la palissade qui rendent hommage aux savoir-faire traditionnels aborigènes par Konstantina  ©Sydney Metro
Détail des médaillons de la palissade qui rendent hommage aux savoir-faire traditionnels aborigènes par Konstantina ©Sydney Metro

Konstantina is an Aboriginal artist of the Gadigal people of the Eora Nation (Sydney). Her work is deeply rooted in the revitalisation of culture and language - much of which was disrupted or lost alongisde colonisation. Through academic research into her ancestors’ language, cultural objects and traditional techniques, she is helping close a knowledge gap carved out by more than 200 years of colonial history.

One of her recent themes has been the cultural significance of Baraba (bullrush reeds) to the Gadigal people. Once abundant throughout the Sydney landscape, these plants occupied an important place in local traditions. Their many uses included basket weaving, net and fishing line production, and jewelry-making. Today, these Baraba reeds have all but disappeared from the landscape around Sydney.

The City of Sydney, in collaboration with Sydney Metro Trains, commissioned Konstantina to create a public project aimed at symbolically reintroducing the Baraba into the urban landscape through a monumental work : a 25-metre-long, 3-metre-high fence, installed alongside the railway tracks in Marrickville, in the west of the city. The work features the silhouettes of Baraba reeds rendered in aluminum, interwoven with circular brass discs that evoke traditional pre-colonial Aboriginal skills.  

The work is situated along a stretch of railway running through what was once the Gumbramorra Swamp, a wetland historically rich with Baraba reeds. By anchoring her work in this location, Konstantina pays hommage to the endemic flora and fauna, as well as to ancestral Aboriginal cultures, in particular to the skills and expertises of the Gadigal and Wangal peoples. Her work symbolically restores the power of the Baraba on this land, reconnecting it to its original environment and the influence it has exerted on the indigenous cultures of the Eora.

This project, like much of Konstantina’s work, offers both a reflection on loss and a celebration of survival. Through the revitalisation of language, material culture, and ancestral knowledge, Konstantina invites viewers into an evolving conversation about land, memory, and the enduring presence of Gadigal culture.

The artist’s long-term vision is reflected in her recent collaboration with the British Museum, as part of the "Gadigal Yilbara Wala" (“Gadigal, Now and Then”). This research journey took her into the heart of the museum’s archives, where she was able to examine and document Gadigal tresures held at the heart of the museum. This exploration enabled her to gain a better understanding of how the Baraba plant was used by aboriginal communities in the past, so that she could relearn the techniques of making these objects using traditional methods, and attempt to resurrect a collective memory.

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12 décembre 2024 4 12 /12 /décembre /2024 15:50
Konstantina Gadigal British Museum Australie Eora Aborigène
Konstantina manipulant des objets Gadigal dans les réserves du British Museum ©Konstantina ©British Museum

Dans le cadre de son travail engagé pour la mémoire du peuple Gadigal, l’artiste Konstantina est invitée au sein des collections du British Museum, à la recherche de l’histoire de son peuple. Le British Museum nous propose une série de vidéos ou nous pouvons observer Konstantina manipuler les objets et découvrir leur histoire. L’actuelle Australie est habitée depuis plus de 65 000, laissant dans son histoire des trésors encore méconnus.

Konstantina Aborigène Gadigal British Museum
©British Museum ©Konstantina

 

C’est au travers d’une analyse attentive de ces objets et avec l’accompagnement de professionnels de la conservation que Konstantina cherche à identifier et appréhender ces objets. C’est avec la même passion qui l’anime lors de la création de son art que nous la voyons expliquer le processus de pigmentation d’un objet de cérémonie en plume ou les spécificités liées aux perles d’un collier.

Pour accéder aux vidéos cliquez ici 

 

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10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 14:15
Samson Bonson, "Esprit Mimih", Bois et pigments naturels, 152 x 6 x 6.5 cm, 2019

Né en 1968, Samson Bonson est un des membres les plus éminents de la communauté de Maningrida, à 300 kms à l’est de Darwin et au centre de la Terre d’Arnhem.  Les esprits Mimih - son sujet de prédilection - sont des êtres du Temps mythique du Rêve qui inventèrent la peinture en se représentant eux-mêmes sur les parois des cavernes côtières où ils habitaient en compagnie de leurs animaux familiers comme le serpent-python. Ils léguèrent aussi aux hommes l’art de la musique et du chant pour que ceux-ci puissent les célébrer lors de cérémonies sacrées dont ils avaient institué les divers rites.

Pour les Aborigènes de Terre d'Arnhem Centrale, les esprits Mimih se caractérisent par leur extrême minceur, signe de leur vélocité : ce sont en effet des divinités des airs et leurs membres sont à ce point fragiles qu’un souffle un peu trop violent pourrait, dit-on, les briser. C’est pour cela qu’ils ne sortent de leurs repaires souterrains que lors des jours et des nuits sans vent.

Samson recouvre ses sculptures en bois de pigments naturels puis les agrémente de milliers de pointillés qui évoquent les peintures cérémonielles dont les Aborigènes de sa région se couvrent le corps afin de célébrer les esprits Mimih ; enfin, ces points dessinent les traits de l’esprit Mimih à la manière d’un masque rituel.

Des oeuvres de Samson Bonson font partie des collections du British Museum à Londres.

Où trouver des sculptures Mimih ?

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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 10:28
Une oeuvre monumentale de l'artiste australien Dennis Nona est exposée à la Royal Academy of Arts de Londres

Nous sommes fiers d'annoncer la présence d'une oeuvre monumentale de Dennis Nona dans l'exposition "Australia" qui se tient à Londres à la Royal Academy of Arts.

"Australia" est la plus grande exposition jamais dédiée à l'art australien en Grande-Bretagne. Y sont réunies plus de 200 œuvres phares des plus grands artistes australiens aussi bien aborigènes (Rover Thomas, Clifford Possum Tjapaltjarri, Emily Kame Kngwarreye, Dorothy Napangardi, etc.) qu'occidentaux (Sidney Nolan, Rosalie Gascoigne, Arthur Boyd, GW Bot, William Robinson, etc.).

C'est "Mutuk" de Dennis Nona qui a été choisie pour cette exposition. Nous avions présenté cette estampe aux dimensions monumentales (513 x 216 cm) à l'ambassade d'Australie à Paris en 2011 puis au musée d'art et d'histoire de Rochefort dans le cadre de l'exposition monographique dédiée à Dennis Nona (voir les photos de l'exposition ici).

Pour plus d’informations et photographies sur cette oeuvre, cliquez ici.

Pour voir toutes les oeuvres de Dennis Nona, cliquez ici.

Pour accéder au site dédié à l'exposition de la Royal Academy of Arts, cliquez ici.

Dennis Nona est reconnu dans le monde comme le plus grand artiste vivant originaire du Détroit de Torres dans le Queensland.

Né sur l'île de Badu en 1973, il apprit dans son enfance l'art traditionnel de la sculpture sur bois. Il s'est peu à peu perfectionné dans cette technique, à l’origine de ses linogravures, de ses eaux-fortes et de ses sculptures superbes et complexes, créées depuis le début de sa carrière artistique en 1989.

On peut admirer ses oeuvres dans les principales collections australiennes ainsi que dans plusieurs importantes institutions étrangères : le musée des Confluences de Lyon, le British Museum et le Victoria and Albert Museum de Londres, la King Abdullah University of Science & Technology en Arabie-Saoudite, le National Museums Scotland à Edimbourg, le Museum of American Indian Arts aux Etats-Unis, le Machida Graphic Arts Museum, Tokyo, le musée d'art et d'histoire de Rochefort, le musée d'art aborigène "La grange" en Suisse, etc.

Dennis Nona est l'un des pionniers de la linogravure dans les îles du Détroit de Torres. Il sait donner une forme visuelle frappante aux vieux mythes de son île et du Détroit de Torres dans son ensemble, légendes jusque-là transmises par les récits oraux et par les danses. Son mode de narration est plus graphique. Au lieu de se fonder sur une seule image comme l'art traditionnel des insulaires du Détroit de Torres, il en combine plusieurs, selon la pratique des Aborigènes du continent australien. Il peut ainsi relater une histoire entière dans une seule oeuvre, en réunissant tous les personnages et tous les événements.

Dennis Nona est représenté en France par la galerie Arts d’Australie • Stéphane Jacob.

Stéphane Jacob dirige la galerie Arts d’Australie • Stéphane Jacob. Expert en Art Aborigène, Membre de la Chambre Nationale des Experts Spécialisés en Objets d’Art et de Collection (C.N.E.S.), co-auteur du catalogue des collections du musée des Confluences de Lyon et du livre "La peinture aborigène". Il est signataire de la charte d’éthique australienne Indigenous Art Code, il s’attache depuis 1996 à faire connaître l’art et les artistes contemporains d’Australie.

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Présentation

  • : Le blog de la galerie Arts d'Australie • Stéphane Jacob, Paris
  • : Stéphane Jacob, diplômé de l'Ecole du Louvre, spécialiste de l'art australien contemporain, expert C.N.E.S. en art aborigène, a créé en 1996 la galerie Arts d'Australie · Stephane Jacob en France à Paris dans le XVIIe arrondissement. Expert en art aborigène. Membre de la Chambre Nationale des Experts Spécialisés en Objets d’Art et de Collection (C.N.E.S.) - Membre du Comité Professionnel des Galeries d'Art - Officier honoraire de l’Ordre d’Australie Retrouvez-nous sur www.artsdaustralie.com
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