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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 15:03

Le  Louvre-Lens a réouvert ses portes au public le 3 juin 2020 avec une exposition d’ampleur : « SOLEILS NOIRS »

Cette exposition offre une rencontre inédite avec 180 chefs-d’oeuvre croisant les époques et les disciplines.
Outre le plaisir de voir des oeuvres exceptionnelles proposées à nouveau au public, nous sommes d’autant plus heureux de savoir qu’une oeuvre de Dorothy Napangardi sera accrochée aux côtés de celles de Kandinski, Botticelli, Matisse, Malevitch, Delacroix, Courbet, Rodin, Soulages, Odilon Redon et bien d’autres.

Quelle belle reconnaissance pour cette artiste aborigène hors pair disparue bien trop tôt et quelle reconnaissance pour les Aborigènes ! Car l’art aborigène n’est pas un mouvement artistique parmi tant d’autres, il n’est pas uniquement l’expression de la sensibilité d’un artiste et de son génie : il est l’expression du génie de peuples qui peignent et gravent depuis des dizaines de milliers d’année afin de rendre gloire au miracle qu’est la vie et à tout ce qui l’incarne : plantes, animaux, minéraux, êtres humains…
Il est également le fruit de luttes pacifiques entamées par de nombreux autochtones afin de faire respecter leurs cultures et faire reconnaitre leurs droits territoriaux spoliés par les blancs.
Il est également transmission, puisque les oeuvres d’art aborigènes sont la continuité de pratiques religieuses qui utilisent différents supports afin d’enseigner aux jeunes générations les histoires sacrées qui inculquent les lois aux membres de la société.

Dorothy Napangardi (1956-2013) avait d’ailleurs dédié sa carrière aux légendes héritées des ses aînés, notamment celle de « Karntakurlangu » ou « Rêve Femmes-bâton à fouir ».
Le musée des Confluences de Lyon ne s’y était pas trompé puisqu’il a intégré dès 2009 dans ses collections la toile monumentale qui est prêtée au Louvre-Lens à l’occasion de "SOLEILS NOIRS". Acquise par notre entremise grâce au mécénat de Métropole Gestion, elle narre elle aussi le « Rêve Femmes-bâton à fouir » à travers les déambulations des femmes-ancêtres dans le désert vues du ciel.

Retrouvez les oeuvres de Dorothy Napangardi et leurs descriptions sur le site de la galerie Arts d’Australie • Stéphane Jacob

Consulter le communiqué de presse de l’exposition sur le site du Louvre-Lens

 

Salt on Mina Mina Dorothy, NAPANGARDI, 2007, Huile sur toile H. 168 ; L. 244, Musée des Confluences – Lyon © musée des Confluences / Pierre-Olivier Deschamps - Agence VU’ © ADAGP

 

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15 juin 2020 1 15 /06 /juin /2020 14:51
Dennis NONA, "Sesserae", linogravure, L : 200 x H : 112 cm, 2004

Cette linogravure magistrale fait partie des collections du musée des Confluences (Lyon). Voici la description de l'histoire sacrée qu'elle nous comte.

L’histoire de Sesserae transformé en oiseau « Willy Bergeronnette » et celle des droits de pêche claniques est racontée par le clan Wakiad de l’île de Badu. C’est une présentation abstraite et onirique qui nécessite l’intervention d’un narrateur pour bien comprendre le sens du conte et ses implications dans la culture du Détroit de Torres.

Cette histoire nous fait découvrir Willy Bergeronnette en nous contant la transformation d’un homme en un oiseau effronté et rusé, qui n’aime pas partager avec les autres. Mais ce conte explique également comment les insulaires du Détroit de Torres ont reçu le don d’attraper et de cuire le dugong (sorte de lamantin), et aussi de construire un « nath » - une plate-forme de pêche érigée en mer sur les lits d’algues dont les dugongs se nourrissent.

Du point de vue artistique, cette estampe est dense et les protagonistes clefs de cette légende sont représentés graphiquement comme des acteurs individuels, discrètement ébauchés et comme tissés entre eux pour former un motif visuel fascinant.

Sesserae, le personnage central de cette histoire, est un jeune membre de la tribu Tulu vivant tout seul sur une île, poursuivi par les hommes du clan voisin qui veulent savoir comment il réussit à être si heureux et si bien nourri. Il a découvert comment pêcher avec succès le très convoité poisson « dugong » et ces hommes veulent lui voler son secret.
 
L’histoire de cette chasse à l’homme et de la transformation de Sesserae en « Willy Bergeronnette » nous est contée à travers cette oeuvre qui dépeint soigneusement différents chapitres de la poursuite, utilisant différentes parties de l’image – de gauche à droite - pour narrer les épisodes distincts de cette légende. Les références mentionnées dans ce conte incluent le monde surnaturel dans lequel Sesserae vit - Nona représente les crânes des parents de Willy qu’il consulte pour avoir des conseils. En examinant bien l’estampe, il est également possible de voir nombre d’autres éléments de ce conte qui apparaissent sous la forme de motifs locaux complexes : le filet de pêche, les lances et les cordes, les dugongs, les fours à cuire, le camp de pêche, les chiens guerriers, les oiseaux, les conques et la bergeronnette sont soigneusement détaillés. Dennis Nona utilise de douces tonalités de bleu pour délinéer la mer, de l’orange pour mettre en valeur le four à cuire le dugong, et un marron pâle pour indiquer l’endroit où les épisodes terrestres de l’histoire prennent place. Tous les personnages sont imprimés en un noir dense renforçant ainsi les détails représentant les yeux, la tête et l’intérieur des poissons. D’ailleurs, à propos de son œuvre, Nona dit : « Je dessine toujours en dernier les yeux car ils me distraient s’ils sont faits avant ».

Cette estampe fait partie des collections du musée des Confluences (Lyon), de la National Gallery of Australia (Canberra), de la Queensland Art Gallery (Brisbane) et du Museum of Contemporary Art (Sydney).

Retrouvez une description détaillée, image par image, de cette oeuvre magistrale en cliquant ici.

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10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 14:47
"Voyage across Aboriginal Australia – Founders’ Favourites"

Le musée d'art aborigène australien "La Grange" à Môtiers (Suisse) présente depuis le 7 juin 2020 sa nouvelle exposition, "Voyage across Aboriginal Australia – Founders’ Favourites".

Cette exposition permet au public d'admirer les oeuvres des artistes précurseurs du mouvement de l'art aborigène contemporain ainsi que celles d'artistes plus récents.

On peut ainsi admirer entre autres des oeuvres de la grande Emily Kame Kngwarreye ainsi que des peintures des artistes des APY Land (Australie Méridionale).

"Voyage across Aboriginal Australia – Founders’ Favourites"
Musée La Grange
Château d’Ivernois - Grande Rue 7
2112 Môtiers - Val-de-Travers, NE - SUISSE

+ d’informations sur le site du musée

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10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 14:15
Samson Bonson, "Esprit Mimih", Bois et pigments naturels, 152 x 6 x 6.5 cm, 2019

Né en 1968, Samson Bonson est un des membres les plus éminents de la communauté de Maningrida, à 300 kms à l’est de Darwin et au centre de la Terre d’Arnhem.  Les esprits Mimih - son sujet de prédilection - sont des êtres du Temps mythique du Rêve qui inventèrent la peinture en se représentant eux-mêmes sur les parois des cavernes côtières où ils habitaient en compagnie de leurs animaux familiers comme le serpent-python. Ils léguèrent aussi aux hommes l’art de la musique et du chant pour que ceux-ci puissent les célébrer lors de cérémonies sacrées dont ils avaient institué les divers rites.

Pour les Aborigènes de Terre d'Arnhem Centrale, les esprits Mimih se caractérisent par leur extrême minceur, signe de leur vélocité : ce sont en effet des divinités des airs et leurs membres sont à ce point fragiles qu’un souffle un peu trop violent pourrait, dit-on, les briser. C’est pour cela qu’ils ne sortent de leurs repaires souterrains que lors des jours et des nuits sans vent.

Samson recouvre ses sculptures en bois de pigments naturels puis les agrémente de milliers de pointillés qui évoquent les peintures cérémonielles dont les Aborigènes de sa région se couvrent le corps afin de célébrer les esprits Mimih ; enfin, ces points dessinent les traits de l’esprit Mimih à la manière d’un masque rituel.

Des oeuvres de Samson Bonson font partie des collections du British Museum à Londres.

Où trouver des sculptures Mimih ?

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3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 14:06

"Un monde d'abstraction"

193 Gallery

7 rue des filles du calvaire - 75003 Paris

jusqu'au 31 juillet 2020

Mardi au Vendredi : 10h30 - 19h30
Dimanche : 12h - 18h

A l'heure où les musées sont encore fermés au public, pourquoi pas célébrer le déconfinement en allant voir une belle exposition dans une galerie ?

La 193 Gallery propose sa nouvelle exposition, "Un monde d'abstraction".

Les oeuvres d'artistes des cinq continents y sont présentées ; parmi elles, des oeuvres d'art aborigène proposées par la galerie Arts d’Australie • Stéphane Jacob.

+ d'informations sur le site de la 193 Gallery

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 15:55
Alick TIPOTI, "Sowlal", linogravure

Le 8 juin marque la journée mondiale de l’océan.
« La Journée mondiale de l'océan est célébrée pour rappeler que les océans jouent un rôle primordial dans notre subsistance. Véritables poumons de notre planète, ils fournissent, par exemple, la plupart de l'oxygène que nous respirons. Ils constituent aussi une source importante de nourriture et de médicaments, et sont un élément essentiel de la biosphère. Il est donc important de sensibiliser le public sur la place fondamentale qu'ils occupent dans notre écosystème, mais également sur l'impact de nos activités humaines. » ONU
Les artistes du détroit de Torres (Queensland), notamment ceux des îles d’Erub et de Badu créent des œuvres afin d’interpeller le monde sur les dangers de la pollution marine, de la surpêche et des méthodes de pêche délétères sur la faune et la flore marine.

Retrouvez ici les oeuvres des artistes d’Erub
Retrouvez ici les œuvres d’Alick Tipoti
Retrouvez ici les œuvres de Dennis Nona

En 2017, Stéphane Jacob-Langevin a été le commissaire général de l’exposition
« Australie : le défense des océans » au Siège des Nations Unies, New York.

Retrouvez notre post dédié à cet évènement ici.

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 15:27
"Badu Island" (c) Photo: Kim Wirth

Le 6 juin est la fête de l’état du Queensland !
Ce superbe état fédéral australien près de quatre fois plus grand que la France métropolitaine (!) abrite des paysages magnifiques et 7000km de littoral marin. Parmi les nombreuses merveilles à découvrir dans le Queensland se trouve la célèbre Grande Barrière de Corail.
Véritable jardin d’Eden au climat tropical, le Queensland a vu se développer différentes cultures aborigènes sur la terre ferme ainsi que la culture des Insulaires du détroit de Torres, entre la péninsule du Cap York (la pointe nord de l’état) et la Papouasie Nouvelle Guinée.
Vous pourrez retrouver sur le site de la galerie Arts d’Australie • Stéphane Jacob les oeuvres des artistes des communautés de Lockhart River, Pormpuraaw, Erub, Badu, Aurukun, Girringun.

Cairns (c) Photo: Benjamin Curtet
Cairns (c) Photo: Benjamin Curtet

 

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 13:29
Notre stand 3D sur Online Viewing Room

Cette année la nouvelle édition d'Art Paris se visite en ligne !

Nous vous convions à trois visites virtuelles (cliquez sur les liens ci-dessous).

Visitez notre stand 3D stand ici

Visitez notre page Artsy dédiée à cet évènement

Visitez notre page dédiée sur le site d'Art Paris

Notre stand sur Artsy

 

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20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 16:02

Cliquez sur l'image ci-dessous pour participer !

Quiz

 

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 14:31
Paul Nabulumo NAMARINJMAK, "Ngalyod"

Né en Terre d'Arnhem centrale (côte septentrionale de l’Australie), Paul Nabulumo Namarinjmko appartient à l'importante communauté artistique de Maningrida. Ce comptoir commercial fondé en 1949 devint progressivement un centre de production d’objets (tapis, paniers) en fibres végétales et, en 1963, les Aborigènes (ou Yolngu comme ils s’appellent eux-mêmes – le mot signifie "Hommes" en dialecte de la région) qui y vivaient se constituèrent en coopérative pour proposer, outre ces objets, les sculptures et les peintures sur écorces qui ont fait la notoriété actuelle de cette communauté.

Celle-ci regroupe aujourd’hui près de 300 artistes qui tirent leur inspiration de la tradition religieuse de cette région peuplée de Grands Ancêtres : divers « esprits » - bénéfiques ou menaçants - tels le Maam, les Mimi ou la sirène Yawkyawk, des animaux (par exemple le Kangourou ou le Python arc-en-ciel) ou encore des plantes totémiques (comme l'igname aux nourrissants tubercules).


Dans cette grande peinture sur écorce, l'artiste a choisi de représenter Ngalyod le serpent python dont on trouve les images peintes et gravées sur la paroi des grottes et des rochers sacrés de la Terre d'Arnhem. Cet animal qui sert de totem à de nombreux clans  dont celui du peintre est aussi appelé, sous sa forme féminine, Yingama – la Mère originelle. Sous les deux formes cependant, il incarne une figure archaïque du créateur suprême et son apparence ne se limite pas à celle d'un serpent : il peut prendre aussi l'apparence d'un crocodile. L'artiste l'a peint avec à côté de sa tête, des fleurs de lotus qui symbolisent la fertilité d'un monde où l'eau occupe une place importante.

La légende dit que le serpent primordial avale des hommes pour les régurgiter sous la forme d'éléments du paysage. A ce titre, il est non seulement vénérable mais aussi terrifiant et il convient de l'amadouer par des cérémonies au cours desquelles on peignait de telles images sur écorces. Ces images servaient aussi de support à l'initiation car elles étaient en partie ou en totalité ornées des motifs qu'on voit ici sur le corps de l'animal. Appelés rarrk, ces dessins essentiellement constitués de croisillons constituaient à l'origine un code graphique recelant les secrets du Temps du Rêve. Dans des œuvres d'art comme celles-ci, les rarrk ont gardé leur dimension religieuse et ils sacralisent les représentations qu'ils ornent.

Retrouvez cette oeuvre sur le site de la galerie Arts d’Australie • Stéphane Jacob, expert en art aborigène

Où trouver des oeuvres aborigènes ?

Ngalyod serpent arc-en-ciel (détail)

 

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Présentation

  • : Le blog de la galerie Arts d'Australie • Stéphane Jacob, Paris
  • : Stéphane Jacob, diplômé de l'Ecole du Louvre, spécialiste de l'art australien contemporain, expert C.N.E.S. en art aborigène, a créé en 1996 la galerie Arts d'Australie · Stephane Jacob en France à Paris dans le XVIIe arrondissement. Expert en art aborigène. Membre de la Chambre Nationale des Experts Spécialisés en Objets d’Art et de Collection (C.N.E.S.) - Membre du Comité Professionnel des Galeries d'Art - Officier honoraire de l’Ordre d’Australie Retrouvez-nous sur www.artsdaustralie.com
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